À quand la plaquette comptable 2.0 ?

10 mars 2022 – Temps de lecture : 5 minutes
Paradoxalement, alors que les innovations dans le domaine de la data visualisation sont en plein essor, la plaquette comptable, qui est le document que remet l’expert-comptable à son client en fin de mission, n’a elle que très peu évolué depuis des décennies. Est-ce un combat perdu d’avance que de vouloir faire évoluer la présentation de ces plaquettes afin de les rendre plus attractives (et surtout plus utiles) pour le client ?

La plaquette comptable intéresse-t-elle vraiment les clients ?

La plaquette comptable, intègre les états de synthèse, l’annexe et la liasse fiscale. Mais ce document est souvent survolée par le client (si ce n’est complètement ignorée). La principale raison est notamment en lien avec une présentation encore très « comptable » des informations, sous forme de tableaux, qu’un profane en la matière aura beaucoup de mal à décrypter.

Par ailleurs, si le client doit communiquer une synthèse de ses informations financières à un tiers, un tel document ne sera souvent pas suffisant pour répondre aux interrogations des interlocuteurs. Il devra donc produire un document supplémentaire afin de transmettre les informations adéquats.

(Sur cet aspect, voir notre article :  La Business Intelligence au service des communications financières)

Pourquoi la plaquette n’a pas évolué ?

La présentation des informations au sein de la plaquette est restée la même depuis des années car l’élaboration de plaquettes reste une fonctionnalité quasi-exclusive des logiciels de gestion comptable. Elle constitue l’aboutissement de la mission de tenue des comptes et n’avait jusqu’alors pas forcément de rôle à proprement parler, si ce n’est d’avoir un document intégrant la liasse fiscale.

Mais à l’heure où les experts-comptables cherchent à développer leur mission de conseil, ne serait-il pas opportun de donner une utilité plus étendue à ce document ?

Vers un décloisonnement du logiciel de gestion

L’opportunité pour les experts-comptables est qu’il est maintenant possible d’exporter facilement la comptabilité d’un client sur une plateforme externe (notamment en utilisant le FEC).

De cette manière, il est possible de profiter d’un panel d’outils plus large, et d’envisager une présentation des informations qui soient plus utiles au client.

Des informations plus synthétiques, visuelles et utiles

Afin de produire une plaquette plus « digeste » pour le client et d’apporter une plus-value dans les informations fournies, nous pourrions envisager les évolutions suivantes :

  • Des éléments visuels (graphs, histogrammes, camemberts, etc.) qui viendrait compléter les données chiffrées

  • Des tableaux plus synthétiques nettoyés des notions purement comptables

  • La mise en avant de notions financières (telle que l’analyse du besoin en fonds de roulement, le calcul d’une dette nette, l’évolution de l’EBITDA, etc.) qui peuvent être intéressantes pour des partenaires financiers et éviter la production de document ad hoc

  • La possibilité d’inclure plus de texte en parallèle des analyses afin de fournir des informations qualitatives et des explications sur les éléments qui peuvent sembler abscons à première vue.

  • Eventuellement proposer d’ajouter des analyses spécifiques (valorisation, comparatif par rapport aux entreprises du secteur, budget, informations ESG, etc.) ce qui pourrait permettre par la même occasion de proposer un accompagnement au client sur l’un de ces aspects.

Vers des plaquettes web dynamiques ?

Nous pouvons même imaginer un format encore plus éloigné de la plaquette classique. Dans la mesure où ces informations comptables peuvent être déversées sur des plateformes d’analyses ou de data visualisation qui permettent de retranscrire ces données sous des formats plus accessibles, l’expert-comptable pourrait tout simplement permettre à son client de se connecter directement sur la plateforme et ainsi avoir accès à l'ensemble de ses données.

Cela constituerait une sorte de « plaquette web » sur laquelle le client retrouverait ses chiffres clés, ses états de synthèse ainsi que des analyses sur son activité sous un format visuel et dynamique. Tout cela agrémenté d’explications de son expert-comptable. Il pourrait éventuellement procéder aux exports des documents qu’il souhaite pour les transmettre à ses différents interlocuteurs.

Enfin, l’expert-comptable pourrait se servir de cet outil et des informations qui y sont stockées pour proposer des missions d’accompagnement supplémentaires telles qu’évoquées précédemment, et inclure les analyses produites (budget, valorisation, benchmark, etc.) dans la plaquette générée.


Si le format de la liasse fiscale semble être amené à perdurer, celui de la plaquette a un potentiel d’évolution conséquent. Le fait de pouvoir proposer à son client, en plus de la liasse fiscale, une plaquette financière plus visuelle ainsi que l’accès à une plaquette web dynamique sur laquelle des prestations d’accompagnement complémentaires peuvent être proposées pourrait constituer une proposition de valeur intéressante pour l’expert-comptable (voir : Comment dissocier efficacement mission comptable et mission de conseil ?).